Déblocage sur l’axe Noyon-Lassigny


Larbroye va renoncer à la pose de neuf ralentisseurs pour un projet anti-vitesse plus doux, à cette sortie où passent 5 300 véhicules chaque jour. Le point sur le dossier.

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La sécurité à cette sortie de Noyon commence à ressembler à un long feuilleton.

En janvier 2016, un cabinet privé préconisait la pose de neuf ralentisseurs dans la traversée de Larbroye, la seule des six communes de l’axe Noyon-Lassigny qui ne possède pas d’aménagements contre la vitesse.

Deux mois plus tard, le Département émettait un avis défavorable à la demande de subvention émise par la municipalité de Larbroye. Elle lui demandait alors de faire procéder à une deuxième étude.

Début novembre, le cabinet privé a livré ses premières conclusions, qui font état d’un trafic dense et d’une allure moyenne plus élevée que les estimations.

1 – Que révèle la deuxième étude ?

Que le Département avait sous-estimé d’un poil le danger à cette sortie de Noyon, lui qui estimait que 85 % des conducteurs traversaient Larbroye à moins de 58 km/h, voire 52 km/h, selon les lieux de mesure de la vitesse. Le cabinet privé, qui a transmis au début du mois ses conclusions au maire de village, Didier Wattiaux, avance un autre chiffre : «  La moyenne est en fait de 66 km/h. C’est beaucoup pour une traversée où la vitesse est limitée à 50 et 30 km/h, signale l’élu. Des relevés quotidiens ont été menés. Il y a eu des jours où six conducteurs passaient à 100 km/h, entre 17 heures et 18 h 30. Et dire que les cars de transport scolaire viennent huit fois par jour ! Si l’on ne fait rien, il y aura un accident, c’est sûr  ».

L’étude pointe une autre réalité : avec 5 300 passages quotidiens de véhicules – selon un comptage effectué à hauteur du café-tabac de Larbroye -, le début de l’axe Noyon-Lassigny est très fréquenté. À titre de comparaison, la route Noyon-Roye, régulièrement citée pour des accidents, en accueille 7 200. «  Notre commune voit passer beaucoup de gens qui vont de Noyon non seulement vers Lassigny, mais aussi Ressons et Thiescourt  », constate l’édile.

2 -Quels aménagements s’imposent ?

Les automobilistes inquiets pour les amortisseurs de leur voiture peuvent se rassurer : non, il n’y aura probablement pas autant de plateaux ralentisseurs (neuf) que le prévoyait le diagnostic initial, mené en 2015. Le nouveau projet n’en comportera même sans doute pas un seul : «  Le cabinet planche plutôt sur des rétrécissements de chaussée, avec de la végétation, précise Didier Wattiaux. L’étude a en effet montré que la largeur de la chaussée, importante dans la longue traversée de Larbroye, favorisait la vitesse. Les gens accélèrent le long des trois lignes droites de plus de 300 m. »

Après plusieurs conseils municipaux houleux à Larbroye, l’idée des plateaux semble donc abandonnée, aux dires de l’édile : «  Elle a beaucoup fait polémique, et je n’ai pas été élu pour ça. Les riverains craignaient des vibrations, du bruit, tandis que les conducteurs redoutent des dégradations sur leur véhicule  ». Et pourtant, la commune de Noyon avait fait le choix, elle, d’implanter un ralentisseur à l’amorce de ce même axe (rue de Montdidier), en 2013. Sans déclencher jusqu’à présent la colère du voisinage.

3 – Pourquoi faut-il être patient ?

Parce que le maire de Larbroye n’entend pas déposer une deuxième demande de subvention, auprès du Département, avant 2018. Le délai sera en effet trop court d’ici les attributions des prochaines aides par le conseil départemental, en quatre fois, l’an prochain. La commune devra également solliciter de nouveau l’État, qui avait accordé 50 000 ¤ pour le premier projet.

Le Département, principal financeur, préfère se laisser le temps de la réflexion : le dossier initial ne tablait-il pas sur un coût de la bagatelle de 480 000 euros ? «  Le premier projet était un peu évasif, estime le cabinet d’Édouard Courtial, le président (LR) du Département. Il est systématiquement demandé aux communes de solliciter d’abord l’avis technique des services départementaux. Et là, ce préalable n’avait pas été fait. La question financière vient seulement après, selon les modalité de l’aide aux communes et notre recherche d’équité  ». La balle est donc dans le camp de l’équipe de Didier Wattiaux, selon le conseil départemental : «  Les conclusions de l’étude actuelle ne nous ont pas encore été transmises  ».

L’élu de Larbroye préfère d’ailleurs, lui aussi, rester prudent : «  Le nouveau projet ne sera pas forcément moins cher. Attendons de connaître les chiffres  ». Ils sont annoncés pour décembre.

 

Auteur : Stéphane Le Barber

Source : http://www.courrier-picard.fr/region/deblocage-sur-l-axe-noyon-lassigny-ia192b0n882592